l'insurgeance : un thème-clé de la Révélation d'Arès

une question de langage

Le langage humain est au mieux inexact, au pire mensonger, pour décrire la réalité telle qu'elle est, non telle que les hommes peuvent la percevoir. La deuxième partie de la Révélation d'Arès, intitulée par son témoin, Michel Potay dit frère Michel, "le Livre", est la Parole originale du Créateur retranscrite telle qu'elle fut non seulement entendue mais aussi comprise sur le moment. Elle montre un langage essentiel, une sorte de lingua franca, dont on sent bien que l'un des buts est d'éviter les pièges du parler de ce monde.

Notre langage aujourd'hui use ainsi de tout un tas de termes qui sont soit dénués de leur sens premier, soit chargés d'une histoire et donc d'un sens trop lourd. En un mot, ils sont impraticables pour décrire les perspectives inédites que pose à l'homme du XXIe siècle la Révélation d'Arès.

C'est le cas de "religion" qui étymologiquement signifie relier, à la fois les hommes entre eux et la terre (le monde matériel) et le ciel (le monde spirituel), ainsi que l'homme et le Créateur, etc. mais qui pour 99,9% de nos contemporains signifie un système de croyances, dogmes et pratiques que la Révélation d'Arès amène à dépasser. C'est le cas également de "révolution", ou de "rébellion", ou de "insurrection", qui marquent certes une opposition radicale à l'ordre établi mais qui historiquement encore, ont pratiquement toujours terminé en un autre ordre souvent pire que le premier, parce que le changement humain préparatoire ne s'était pour ainsi dire pas opéré.

un néologisme pour un sens neuf

C'est ainsi qu'au milieu des années 1980, le frère Michel eut l'idée de proposer le terme : "insurgeance" pour décrire la dynamique toute particulière qui unit le changement individuel (appelé "pénitence", qui là encore n'a rien à voir avec le sens d'auto-punition doloriste que lui a collé la religion) et le changement du monde, qui va plus loin qu'un "monde meilleur".

Le mot insurgeance dérive du sens moderne de « s'insurger contre », mais ne doit pas être confondu avec « Insurgents » désignant divers bélligérants historiques (Hongrie, Amérique). La force du mot insurgeant, désinence « eant », se situe entre protestataire, trop faible, et insurgé, participant d'une insurrection, trop violent.

l'insurgeance : une dynamique particulière, différente de la révolution

L'insurgeance s'exerce sur le système du monde comme un levier, non comme une révolution. Elle doit donc être expliquée car elle marque l'état d'esprit de la Révélation d'Arès lorsqu'elle avance comme vérité : "le monde doit changer".

L'histoire, particulièrement l'histoire moderne, est une suite de révolutions; certaines ont amélioré le sort de l'homme; d'autres non. Les révolutionnaires ont souvent rêvé de changer la société radicalement, de faire régner la fraternité, l'égalité, la vertu. Pourquoi leur échec ?

L'une des causes est qu'ils ne se sont pas préparés et n'ont pas préparé leurs enfants, - sauf sur le papier et dans les discours - au monde dont ils ont rêvé.

Les grandes révolutions de l'histoire furent des coups d'État ou des guerres civiles.

Une révolution est expéditive, sommaire, même fondée sur une idéologie longuement pensée. L'idéologie est un drapeau, une inépuisable mine de slogans, parfois une religion. Elle n'appelle pas au changement de l'individu comme préalable, même si elle le prévoit dans sa phase ultérieure.

le cas particulier de la révolution américaine

La révolution américaine semble faire exception; en fait, elle officialisait un mode de vie sociale déjà largement appliquée dans la colonnie; elle avait eu son laboratoire. C'était la conclusion politique d'une sorte d'insurgeance, très incomplète.

Certaines révolutions ont abattu des tyrannies, c'est-à-dire réglé des situations catastrophiques et urgentes, mais à plus long terme, elles n'ont jamais changé que les dirigeants, les lois, les classes et les méthodes du même système. D'une façon générale, la révolution n'a pas le temps de changer les hommes, elle doit tout de suite établir des lois et une police pour que règne l'ordre. Elle cause beaucoup de malheurs, remplace les anciennes classes par d'autres, favorise les arrivistes (exemple de la révolution iranienne dont la classe des fonctionnaires communistes furent remplaçés par les mollahs...

L'insurgeance, en revanche, est un lent et profond changement de nature de l'homme et donc, de l'humanité à venir. Elle vise à transformer la société en la fécondant par l'amour.

Amour vigoureux et déterminé, persuasif, ouvert au dialogue et à l'exemple.

Les intentions de l'insurgeant sont évangéliques, c'est-à-dire pacifiques, tolérantes, patientes. Mais dans sa fermeté, sa volonté d'aboutir, des personnes y verront une agression.

La révolution apporte un ordre nouveau, l'insurgeance apporte une humanité nouvelle.

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